Prise de parole au nom des organisations syndicales CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, FSU, UNSA, Solidaires, UNEF et UNL par l’Union syndicale Solidaires du Var

La mobilisation du 28 octobre dernier, avec plus de 2 millions de manifestants dans toute la France, a montré que la détermination des salarié-e-s et de la jeunesse était intacte. Malgré le vote de la loi et les vacances scolaires, malgré les annonces gouvernementales, nous avons montré qu’il n’était pas encore question de passer à autre chose.

L’adoption de la loi par un Parlement aux ordres ne la rend pas plus légitime. Ce texte reste injuste, et le rajout à la dernière minute, d’un amendement indiquant qu’une « réforme systémique » serait discutée dès 2013, prouve que le texte est mauvais, et qu’il ne règle aucun problème, bien au contraire !

Seuls le patronat, les actionnaires, les banquiers et les assureurs tireront des profits de cette loi. Pour les jeunes, les salarié-e-s, les privé-e-s d’emplois, les retraité-es elle ne correspond qu’à une régression sociale supplémentaire.

Nous constatons depuis le début de ce mouvement l’ampleur des centaines de manifestations, réunissant des millions de personnes. Les journées de grève nationales ont été complétées presque partout, par des actions ponctuelles de blocage, d’informations, d’actions interprofessionnelles décidées dans l’unité et dont l’ampleur ont inquiété le gouvernement et le patronat.

La grève reconductible a tenu dans plusieurs secteurs, notamment les transports et les raffineries. Les sondages répétés ont montré l’appui majoritaire de la population : contre le, projet de loi et son contenu, pour soutenir les grèves, les manifestations ainsi que les actions décidées localement.

Tout ceci révèle une lame de fond. Ce qui est en jeu, c’est la politique de régression sociale, et bien au-delà des retraites. Ce qui est posé publiquement, c’est la question essentielle de la répartition des richesses produites dans le pays. Et ce débat, il faut le poursuivre, le mener à terme, imposer un autre partage : le fait qu’une infime minorité s’accapare le profit tiré du travail de l’immense majorité n’est pas un phénomène inéluctable, c’est un choix politique, une question de société.

Il importe aujourd’hui de ne rien lâcher, de poursuivre le processus de mobilisation engagé en lui donnant une nouvelle impulsion à partir des manifestations qui se déroulent aujourd’hui. Nous montrons ainsi que le refus d’une « réforme » profondément injuste et basée sur la spéculation boursière reste toujours aussi fort.

Nos organisations syndicales réitèrent leur appel à décider, partout où cela est possible, d’actions visant à mettre la pression sur le gouvernement. Nous dénonçons par la même occasion l’abattage médiatique qui vise à culpabiliser les salarié-e-s qui mènent ces actions.

Pour nous tous le message est clair : cette loi on n’en veut pas !

Elle ne doit pas être promulguée !

Toulon, Draguignan, Samedi 6 novembre 2010